La baie du Mont Saint-Michel présentée par votre guide Ludo

La baie du Mont-Saint-Michel, entre grandes marées, faune exceptionnelle et légendes, se découvre au rythme de la nature et de l’histoire.

La baie du Mont-Saint-Michel : un site naturel exceptionnel aux marées uniques en Europe


Située entre la Bretagne et la péninsule normande du Cotentin, la Baie du Mont-Saint-Michel est recensée parmi les plus belles baies du monde. Elle s’étend des falaises de Champeaux (côte est) jusqu’à la pointe du Grouin à Cancale (côte ouest), 23 kilomètres d’embouchure. La baie représente une superficie de 450km².
Ici l’architecture et la nature se conjuguent parfaitement.
Théâtre des plus grandes marées d’Europe, elle est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979.
Certaines années, le marnage (amplitude de marée) peut atteindre 15 mètres de hauteur d’eau.

L’Estran découvre ainsi sur plusieurs dizaines de kilomètres vers le large laissant pêcheurs, chasseurs, ornithologues, promeneurs ou pèlerins s’y aventurer le temps d’une marée.
Cette baie regorge de dangers, parmi eux les fameux sables mouvants. Loin d’être légendaires, bon nombre de personnes y sont restées piégées. C’est un phénomène naturel et physique qui consiste, via
des vibrations sur le sol, à transformer « La Tangue » (mélange sablo-vaseux) d’un état solide vers un état liquide. Après quelques entraînements, il est facile de s’en retirer…
Il est nécessaire de connaître ses horaires de marées, ou de prendre un guide professionnel et reconnu pour s’y aventurer. La baie n’est pas plate et uniforme. Bon nombre de personnes se sont retrouvées encerclées sur des bancs de sables et piégées par la marée.
Ici, la mer s’en va très loin mais remonte aussi très vite, à la vitesse légendaire du cheval au galop. (T.Gauthier)
La baie regorge de richesses et d’une faune unique et sensible à la fois.
Sur le plan cynégétique à l’approche de l’hiver, plus de 1500 espèces d’oiseaux différentes transitent à travers l’estuaire, revenant de leurs zones de nidifications dans les pays nordiques, pour rejoindre
la péninsule ibérique afin de passer l’hiver dans les pays chauds. La Baie joue un rôle indispensable pour leur migration, profitants du flux et du reflux des marées pour se reposer, se regrouper et s’alimenter sur l’Estran.

Faune, migrations et légendes


Parmi eux, les fameuses bernaches cravants qui par milliers viennent hiverner sur nos herbus de prés salés, les plus grands d’Europe (+ de 4000 Ha).
D’un point de vue halieutique, il n’est pas rare d’observer des mammifères marins (phoques gris et veaux marins) dans les cours d’eau, profitants du cycle des marées pour venir s’engraisser dans l’estuaire de poissons plats ou autres mulets…
Sans oublier le roi des Poissons, « Salmo Salar », le saumon atlantique 100% sauvage et migrateur lui aussi. La Baie a toujours connu de fortes populations de saumons, revenant de leurs zones
d’engraissement et après avoir mangé des crevettes en pagaille au large de Terreneuve, du Groënland ou des îles Féroé. Ils reviennent dans leurs fleuves natals pour s’y reproduire à leur tour.
La pêche du saumon était l’une des principales activités humaines de la Baie et une importante source de revenus jusqu’à sa fermeture définitive (fin du 20 ème siècle).
Au même titre que la pêche des coques (coquetières ou pieds-rouges) et la production de sel (les saulniers).

Tandis que les rochers de la baie du Mont-Saint-Michel (Tombelaine, le Mont-St-Michel et le Mont-Dol) sont apparus il y a 540 millions d’années suite aux nombreuses remontés magmatiques.
L’histoire humaine et religieuse de cette baie n’apparaîtra qu’au 8ème siècle.
En 708, l’évêque Aubert d’Avranches voit apparaître un songe, dans un profond sommeil : l’Archange Michel. Ce dernier lui apparaît et lui ordonne de construire un sanctuaire en son honneur là où
seront loués ses mérites, au sommet du Mont Tombe (ancien nom du Mont-Saint-Michel).
Cet oratoire, construit sous l’évêque Aubert d’AVRANCHES restera normand et deviendra un haut lieu de pèlerinage en Europe. Elle devient La baie des légendes.
Ces pèlerins portent le nom de Miquelots, descendants de Michel en latin Michaël (signifiant en hébreux : qui est comme dieu).

Le Mont-Saint-Michel : 1 300 ans d’histoire, de pèlerinages et de résistances


Ils traversent la baie depuis plus de 1 300 ans et continuent de nos jours à suivre ces itinéraires pour confier leurs âmes au Saint des Saints… C’est l’ultime pardon.

Le Mont-Saint-Michel a traversé de nombreuses périodes et de multiples guerres.

Au Xe siècle, sous saint Benoît, les Bénédictins, grands architectes et bâtisseurs de l’époque, agrandiront nettement le petit oratoire de l’évêque Aubert. C’est le début d’un chantier colossal, donnant naissance plus tard à une magnifique église abbatiale.

Au tournant de l’an Mil, le Mont-Saint-Michel devient source de profits : les premiers hôteliers et restaurateurs s’installent dans le petit village montois.

Dès le XIIIe siècle, une autre splendide construction verra le jour, bâtie à flanc de falaise, à même le granit, avec ses deux grandes parties architecturales (gothique et romane) réparties sur trois niveaux : la Merveille (face ouest du Mont). Elle veille sur la mer, la mer veille sur elle…

Le Mont-Saint-Michel résistera de pied ferme lors de l’invasion anglaise pendant la guerre de Cent Ans (XIVe et XVe siècles). Durant cette période, la garnison française restera protégée par le chef de la milice céleste, l’Archange Michel, alors que toute la Normandie était aux mains des Anglais.

Non loin d’ici, le rocher de Tombelaine devient une grande forteresse anglaise, empêchant tout ravitaillement français depuis l’estuaire. La garnison française puisera force et courage pour rester en vie jusqu’à la victoire de 1450 (bataille de Formigny).

À la Révolution française, l’abbaye du Mont-Saint-Michel devient la « Bastille des mers », une prison cruelle et effroyable où sont entassés près de 14 000 prisonniers, parmi lesquels de grands criminels mais aussi des prêtres réfractaires refusant de se soumettre à la nouvelle constitution.
La torture y est omniprésente.

À l’issue de cette sombre période, le Mont-Saint-Michel nécessite d’importants travaux de restauration. De nombreux architectes français viendront alors y œuvrer.

Après ces grandes restaurations, le monument devient rapidement touristique et populaire. Il devient même un centre d’intérêt économique, notamment grâce à certaines figures emblématiques, comme Annette Poulard, arrivée sur le Mont comme servante à la fin du XIXe siècle.

De nos jours, le Mont-Saint-Michel est devenu le premier site touristique de province en France, avec plus de 2,5 millions de visiteurs par an.

Patrimoine vivant et lieu de transmission


Deux grandes spécialités locales figurent dans la région :
l’agneau de prés-salés, pâturant les plantes halophiles des grèves (herbus), et les huîtres de Cancale, récemment classées au patrimoine immatériel de l’UNESCO.

Dans le cadre du rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel, un projet unique au monde voit le jour en 2015, aboutissement de 20 années d’études et de travaux.
La digue-route reliant autrefois le Mont à la côte est détruite pour laisser place à un pont-passerelle, permettant la libre circulation des marées. Les parkings sont désormais reculés afin de préserver l’intégrité du site, et des navettes gratuites conduisent les visiteurs jusqu’au monument.

Le Mont-Saint-Michel était en effet condamné à perdre son insularité d’ici 2040, en raison de l’ensablement naturel de l’estuaire, de l’ancienne digue-route et de la poldérisation du XIXe siècle.
Sans ce projet, le Mont se serait retrouvé progressivement encerclé par les prés salés.

Depuis 2015, un barrage construit sur le Couesnon, à 1,5 km du Mont, libère deux fois par jour de puissants lâchers d’eau au rythme des marées. Ce courant artificiel transporte les sédiments fins vers le large, permettant de préserver le caractère insulaire du Mont-Saint-Michel.

De mars à octobre, la baie connaît une forte fréquentation, avec des visiteurs traversant la baie tels les pèlerins du Moyen Âge. Accompagnés d’un guide pour leur sécurité, ils franchissent les fleuves côtiers de l’estuaire, découvrent l’histoire et les richesses de ce patrimoine d’exception.

Ils testent également les célèbres sables mouvants et approchent le Mont-Saint-Michel d’une manière extraordinaire.

Dans de nombreux contextes — groupes scolaires, associations, séminaires, individuels —
en famille ou entre amis…

La baie est, et restera, un grand lieu de rencontres et de partage.

Bienvenue dans la Baie des légendes.

Ludovic Coulon

Ludovic Coulon

Je suis Ludo, guide indépendant de la baie du Mont-Saint-Michel.
Attesté par l’état depuis 2015, j’accompagne des visiteurs au cœur de ce site exceptionnel, au rythme des marées.
Lors de mes traversées et autres excursions guidées, je partage mes connaissances sur le milieu naturel, et sur l’ensemble du patrimoine de la baie.
L’histoire et ses légendes, le phénomène et les spécificités des marées. La présentation de la faune et de la flore de ce riche écosystème. La découverte des activités ancestrales et autres traditions locales. Sans oublier les fameux sables mouvants…
Mon objectif : vous aider à mieux comprendre la baie, à bien préparer votre sortie et à vivre une expérience authentique !
Retrouvez-moi sur le terrain lors des traversées. Découvrez, ma démarche et mes conseils à travers les articles du site.

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Destination Tombelaine

3h30 – 7 km 

La petite balade

2h00 – 4 km 

La grande balade

6h00 – 14 km

Escapade nocturne

3h30 – 8 km 

Grande marée

2h00 – 4 km